Association Ankataa
"Lisez un poème écrit pour Sarfalao"![]()
Sarfalao est le plus peuplé des 25 secteurs qui constituent la ville de Bobo-Dioulasso (deuxième ville du Burkina Faso). Avec ses 39 571 habitants, il abrite plus de 10% de la population totale de la ville (376 102 habitants). Il compte en son sein une population de diverses origines. On peut en effet facilement lister plus de deux dizaines d’ethnies venant de la région de Bobo-Dioulasso et surtout venant des autres régions du Burkina Faso. On y dénombre aussi de groupes venant d’autres pays (Niger, Mali, Côte-d’Ivoire, Togo, Ghana notamment).
Au plan religieux, on retrouve dans le quartier des
musulmans, des catholiques, des protestants, des adeptes des croyances ancestrales africaines et des sans-religions. La répartition de la population de Sarfalao par genre est dans la moyenne générale du pays : 51% de femmes et 49 % d’hommes. Dans la même ligne que les tendances nationales, la population de Sarfalao est majoritairement jeune et 60% des habitants ont moins de 40 ans.
Pourquoi traiter particulièrement de Sarfalao ? Parce que c’est là où l’histoire de l’Association Ankataa a commencé. Les membres fondateurs sont soit nés dans ce quartier et y résident ou y gardent leurs attaches notamment à travers leurs parents encore résidents, soit y résident depuis leur bas-âge... Cela a conduit à faire logiquement de ce quartier le siège de l’Association. Cependant, il reste bien sûr entendu qu’Ankataa est ouverte à toutes et à tous, sans condition de résidence. En agissant à partir de Sarfalao, l’Association touche immédiatement au moins un dixième de la population de Bobo-Dioulasso et atteint aisément la population des secteurs environnants (secteurs 5, 6, 15, 16, 24, 25, le village de Kua).
Le quartier de Sarfalao comprend aujourd’hui une zone restructurée (lotie à partir de 1985) et une zone non restructurée. Son origine en tant que zone d’habitation remonte à la fin de la décennie 1950. L’occupation de la zone s’est faite progressivement par de familles non originaires de la région restreinte de Bobo-Dioulasso.
De nos jours, administrativement, le quartier est divisé en onze sous-secteurs. Il compte cinq Conseillers municipaux élus au suffrage universel.
Jusqu’à très récemment, le quartier était situé à l’extrême sud-est de la ville. Il tient de cela son nom Sarfalao. Ce nom signifie en effet « la fin du chemin ». Cette situation à la véritable périphérie de la ville et bien d’autres raisons ont fait de telle sorte que le quartier ait longtemps échappé aux priorités des politiques de développement communales. Le bémol que l’on peut apporter, et qui n’est pas une excuse, est que la ville de Bobo-Dioulasso elle-même n’est une commune au centre des politiques nationales de développement en dépit de ses potentialités naturelles reconnues de tous. Ainsi donc, l’élévation de la ville de Bobo-Dioulasso au rang de capitale économique du pays est de jour en jour dénuée de sa pertinence.
Mis à part les travailleurs du secteur formel (salarié de la fonction publique et du secteur privé) qui habitent le quartier, on y trouve surtout de personnes évoluant dans le milieu informel et exerçant notamment le petit commerce, l'agriculture, l'élevage, les prestations et productions de services divers (maçonnerie, installation en électricité, soudure, menuiserie…etc.). Cependant, 60% de la jeunesse résidante reste au chômage. D’autres statistiques mettent à l’actif du quartier une maternelle, six écoles primaires, cinq établissements secondaires privés, un centre de santé et de promotion sociale, deux marchés non aménagés, plateau omnisport non fonctionnel (car situé en zone marécageuse), un centre de loisir en état de dégradation et non conforme aux normes requises. Les 1500 mm de pluie qu’enregistre le quartier par an mettent à mal les 180 voies toutes non bitumées.
Le quotidien du quartier n’est pas forcément facile. Mais ce quotidien difficile a en face de lui de redoutables adversaires : énergie, enthousiasme, espoir et optimisme de la population. C’est cette population qui insuffle à l’Association son envie de lutter pour le mieux-être du quartier.
Texte constitué par Zakaria Daboné (pour l’Association Ankataa) aidé en cela par, notamment, le document rédigé par Abdoulaye Boly et Noraogo Sawadogo dans le cadre de l’« Atelier de réflexion sur les axes prioritaires de développement du secteur 17 ‘Sarfalao’ », des 9 et 10 décembre 2006.